Mes madeleines de Proust
(Un fort intéressant petit exercice, volé chez le tout aussi intéressant — à de nombreux niveaux — Aggelos.)
Toucher
- Les épaules de nombre d’hommes que j’ai pu aimer. Larges ou non, poilues ou non, rugueuses, douces.
- Les carreaux de la piscine de Torcy, Seine-et-Marne, ou de Villiers, Val-de-Marne, où j’allais lorsque j’étais minot. A chaque fois, je m’arrachais un ongle dessus. Depuis, je ne peux pas entrer dans une autre sans avoir un frisson d’appréhension (fort justifié généralement).
- Le sol en jonc de mer chez mon copain Guillaume. Il y en avait aussi sur les murs du hall de notre ancien immeuble en Seine-et-Marne. Impossible de savoir pourquoi, mais j’associe ce contact à des sentiments de violence.
Goût
- La chartreuse. Toujours penser à lui, qu’on m’a volé.
Odorat
- Sans aucun doute le sens qui me déclenche le plus de réactions. Je suis particulièrement sensible aux eaux de toilettes. Il suffit que j’en sente une dans le métro pour avoir une ribambelle de visages flous devant les yeux. Les gels douches, shampooings et autres produits de beauté odorants me font le même effet.
- Certains jours où l’asphalte ne sent pas comme d’habitude après la pluie, où une petite odeur de nature remonte d’on ne sait où.
Ouïe
- Je suis très sensible à la musique, mais il y a tant et tant à dire à ce sujet.
- Une canette qu’on décapsule avec un «pschitt» fort sonore me fait immédiatement bondir en un réflexe de Pavlov, rapport à mon boulot — où je dois les interdire.
Vision
- Le brouillard. La pluie qui forme un rideau. Les nuages rouges.