Marée Noire et Bleue
(Semi-autobiographique pour le premier diptyque de cette saison pour Akynou.)
C’était un matin comme les autres, somme toute. Un peu plus bleu que prévu. En un souffle rapide, un halètement de rails, et mes pieds foulaient soudain le sable de la baie de Somme. J’avais l’habitude de ces rivages vides de peuple, et je le trouvais là rempli, grouillant d’agitation. Des enfants surveillés et tancés à peine, parfois, par leurs famille fières. Les quelques couples silencieux, plein de leur amour et du bruit des vagues.
J’ai cherché une main à laquelle me raccrocher. Je me suis retourné, croyant entendre mon nom, revivant brutalement des bonheurs déjà passés. J’ai erré de Quend-Plage à Fort-Mahon, m’enfonçant dans les rigoles creusées dans le sable, hagard, écoutant dans les souffles des dunes et des nuages rares les échos de nos touchers disparus.
Je cherchais en vain ma place qui n’y était plus. Je suis rentré à Paris. Aux alentours de la Gare du Nord, j’ai marché sans but, ignorant toute logique. Et dans une ruelle, j’ai senti que la lassitude était juste un peu trop forte pour que mes jambes me portent plus loin. Alors, je me suis allongé, sans personne autour, la joue contre le bitume de mes jours durs.
Le même frisson que lorsque je lis le blog de cécile. Cette beauté qui cache pourtant tant de tristesse ! Le jour où vous serez fixé tous les deux je sabre le champagne !