La nuit instantanée

Les peu­pliers scin­tillent sous les légers rais de lumière du cré­pus­cule. Oran­gés, doux, les révé­la­teurs du soir éclairent les des­sous argen­tés des feuilles. Les agaces piaillent sèche­ment dans le chien-et-loup, avant de se taire, éton­nées comme à chaque révo­lu­tion solaire par l’ombre qui prend le pas sur le monde. Un vif bat­te­ment d’ailes, fan­to­ma­tique, autour de la fenêtre. Les arai­gnées, sans bruit, com­men­çent à étendre leurs filets de soie sur ma fenêtre : au matin, les gouttes d’eau prises dans l’aube m’ouvriront une porte de dou­ceur vers un nou­veau jour.

Posté le 05.11.2008
Catégories : Poésie, Prose
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