La nuit instantanée
Les peupliers scintillent sous les légers rais de lumière du crépuscule. Orangés, doux, les révélateurs du soir éclairent les dessous argentés des feuilles. Les agaces piaillent sèchement dans le chien-et-loup, avant de se taire, étonnées comme à chaque révolution solaire par l’ombre qui prend le pas sur le monde. Un vif battement d’ailes, fantomatique, autour de la fenêtre. Les araignées, sans bruit, commençent à étendre leurs filets de soie sur ma fenêtre : au matin, les gouttes d’eau prises dans l’aube m’ouvriront une porte de douceur vers un nouveau jour.