Effet Tcherenkov

Il nous arrive d’être ébahis devant des mon­tagnes, des océans, des soleils, d’être impres­sion­nés par ce qui est hors de notre por­tée, par ce que nos mains ne sau­raient pas fabri­quer, ce que nos esprits seraient inca­pables de conce­voir. Mais on ne s’attend à rien devant les hommes. Rien qu’à des sen­ti­ments ordi­naires. Et puis, un jour, il en est un qui sur­vient, auquel on n’est pas pré­pa­rés, et on a les genoux qui ploient. On ne sait pas dire pour­quoi. On en trouve pas les mots. Ça n’a rien de reli­gieux. On n’est pas dans l’adoration. C’est quelque chose qui a à voir avec la grâce, avec la magie. Sou­dain, on est dans l’éblouissement. On est un pas en arrière, ou un cran au-dessous. On est tenu à dis­tance. Le sen­ti­ment qu’on éprouve, ça n’est pas for­cé­ment du désir. Pour les femmes, peut-être, oui. Mais c’est autre chose aussi. Une sorte de réserve. Un res­pect face à une puis­sance indi­cible. Il y a des hommes qui ne sont pas juste des hommes.

Phi­lippe Bes­son, Un ins­tant d’abandon

Posté le 10.01.2008
Catégories : Citations
Réactions : 2 Commentaires.
Commentaires
Commentaire de gilda - 12.01.2008 | 00:38

Quel titre par­fait.
Tu as de plus, je crois, fort bien choisi l’extrait.

Commentaire de Johann - 12.01.2008 | 02:04

Encore une coïn­ci­dence. Wiki­pe­dia ouvert en arrière-plan… et les phos­phènes d’Apollo 13

Ce livre m’a fait pleu­rer de sen­ti­ments contradictoires.