Effet Tcherenkov
Il nous arrive d’être ébahis devant des montagnes, des océans, des soleils, d’être impressionnés par ce qui est hors de notre portée, par ce que nos mains ne sauraient pas fabriquer, ce que nos esprits seraient incapables de concevoir. Mais on ne s’attend à rien devant les hommes. Rien qu’à des sentiments ordinaires. Et puis, un jour, il en est un qui survient, auquel on n’est pas préparés, et on a les genoux qui ploient. On ne sait pas dire pourquoi. On en trouve pas les mots. Ça n’a rien de religieux. On n’est pas dans l’adoration. C’est quelque chose qui a à voir avec la grâce, avec la magie. Soudain, on est dans l’éblouissement. On est un pas en arrière, ou un cran au-dessous. On est tenu à distance. Le sentiment qu’on éprouve, ça n’est pas forcément du désir. Pour les femmes, peut-être, oui. Mais c’est autre chose aussi. Une sorte de réserve. Un respect face à une puissance indicible. Il y a des hommes qui ne sont pas juste des hommes.
Philippe Besson, Un instant d’abandon
Quel titre parfait.
Tu as de plus, je crois, fort bien choisi l’extrait.
Encore une coïncidence. Wikipedia ouvert en arrière-plan… et les phosphènes d’Apollo 13…
Ce livre m’a fait pleurer de sentiments contradictoires.