Dont acte
Il est nombre d’ambiances et de regards qui ne seront jamais décrits sous ma plume. Non que ce soit de l’étourderie ou un manque d’observation — mais bien que je censure ignoblement mes perceptions lorsqu’il s’agit de les transcrire.
Maintes atmosphères qui me pénètrent me font peur et m’ôtent des perspectives de rêves pour longtemps. Je ne les écris pas. Je ne suis pas un écrivain ni un poète du quotidien.
Mes poèmes parlent d’horizons cachés derrière le voile de la conscience, d’ouvertures fines et de craquelures dans une réalité qui devient malléable sous les caractères tracés par mon stylo.
Parfois, lorsque la pression est trop forte, je couche dans la douleur ma vie et sa fadeur. Mais je n’ai jamais pu m’empêcher d’y poser une once d’irréel, de forcer le trait pour ajouter du dramatique.
Mais le moment le plus accomplissant, je crois, lorsqu’il s’agit d’en venir à l’écriture, est la survenue d’une sensation si belle, si pleine, si profondément pure, qu’elle fait se rejoindre réalité et ce bonheur que je recherche à travers chaque lettre ou signe de ponctuation. Alors, c’est l’inspiration assurée pour des semaines entières de pages.