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	<title>Le Magnolia-Livre &#187; Autobiographique</title>
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	<description>Lettres fanées, brumes mouvantes et silences.</description>
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		<title>Huître</title>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 10:39:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[coquillage]]></category>
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		<description><![CDATA[Au matin, sur ma banlieue, la pluie drue se met à tomber, couvrant soudainement le gris d’un voile blanchâtre tourbillonnant. C’est jour de grève. Mon père ne va pas tarder à rentrer pour aller, fidèle à sa tradition plus qu’à ses convictions, manifester contre le pouvoir en place, sous la grisaille indifférente. Ce crachin uniformise [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Au matin, sur ma banlieue, la pluie drue se met à tomber, couvrant soudainement le gris d’un voile blanchâtre tourbillonnant. C’est jour de grève. Mon père ne va pas tarder à rentrer pour aller, fidèle à sa tradition plus qu’à ses convictions, manifester contre le pouvoir en place, sous la grisaille indifférente. Ce crachin uniformise tout, fond dans un lavis vieux de trente ans les bâtiments alentours. Je vieillis aussi. Pas aussi vite, mais plus sereinement. La peinture de mon être forme des écailles qui seront admirées des critiques d’art. Face à l’adversité et aux revers, je forme des couches de nacre. Je suis un coquillage dans cette mer de brume laiteuse.</p>
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		<title>Soupirs près d’Eberswalde</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Apr 2010 16:00:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Religion]]></category>
		<category><![CDATA[abbaye]]></category>
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		<description><![CDATA[Le froid reprend aujourd’hui ses droits sur Schöneberg, entre deux nuages facétieux, tout en effilochades. Je tire mes bagages d’un bras morne, pas vraiment motivé par quoi que ce soit, et surtout pas par l’envie de rentrer. Replonger dans l’immense gelée grise de la banlieue parisienne : voilà ce qui me mange comme une gangrène [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le froid reprend aujourd’hui ses droits sur Schöneberg, entre deux nuages facétieux, tout en effilochades. Je tire mes bagages d’un bras morne, pas vraiment motivé par quoi que ce soit, et surtout pas par l’envie de rentrer. Replonger dans l’immense gelée grise de la banlieue parisienne : voilà ce qui me mange comme une gangrène foudroyante à chaque retour. J’en pleure et me débat à chaque vol.</p>
<p>C’est étrange. Ce besoin de parler des départs, des retours, mais pas des séjours. Le mouvement serait-il plus important que l’immobile ? L’immobile rend silencieux.</p>
<p>Tout éclate de vert — je me prend à rêver, en idées de références, que c’est ma présence, en faune porteur de vie, qui a apporté cette poussée de sève. Les arbres et la nature autour pompent mon énergie, je la sens un peu diminuée. Mais c’est pour la bonne cause, alors pourquoi se plaindre ? Je suis ravi de contribuer à ce brassage énergétique grandiose.</p>
<p>J’ai été rendre visite à Dieu, à Chorin. J’en connais plus d’un qui m’accuserait de blasphème — et je sais que l’idéal serait que je Le sente partout. Mais je n’y peux rien, c’est là, dans cette église de brique et de bois, incroyablement calme, au coeur du Brandenburg, que je peux Lui parler le plus clairement. C’est là que nous nous rencontrons. Suis-je un mauvais protestant pour autant ? Je sais que non. C’est ma sensibilité qui s’exprime. Royaumont, le cloître de la cathédrale du Puy, tous ces endroits sont aussi forts et me permettent ces rencontres. Je dois avoir un peu trop de mystique pour un calviniste désincarné. A chacun sa Foi et à Dieu seul la Gloire… Mais il partage la Grâce. Dieu est un grand architecte d’Amour.</p>
<p>C’est aussi rassurant d’avoir maintenant ce pilier auquel me rattacher. Cela permet d’estomper, de passer en demi-teintes, certains stress et doutes de la vie. Une force de plus.</p>
<p>Le jour de mon départ, au Café Steiner, il y avait :<br />
– Schweizerwurst-käse-salat (€ 4.50) ;<br />
– Bockwurst mit kartoffelsalat (€ 4.30) ;<br />
– Tomatensuppe mit krabben (€ 3.90).<br />
Je ne sais pas pourquoi, je fus pris d’une irrépressible envie de rendre ce menu intemporel dans mon carnet. Je suis étrange. (Mais j’aime les petites choses simples.)</p>
<blockquote><p><em>Nuages effilés<br />
Derniers effluves de tabac<br />
Rentrons maintenant.</em></p></blockquote>
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		<title>Géodésespoir</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 19:52:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>

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		<description><![CDATA[Peut-on mourir de n’être pas au bon endroit sur la Terre ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on mourir de n’être pas au bon endroit sur la Terre ?</p>
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		<title>Une année de plus</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Apr 2010 12:44:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Rituels]]></category>
		<category><![CDATA[anniversaire]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[errance]]></category>

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		<description><![CDATA[L’avion tremble. Pas de cendres volcaniques promises, pas de coucher de soleil rouge, juste des orages, à l’atterrissage au-dessus du Brandenburg. L’aile perce la couche de nuages et j’aperçois, d’un coup, l’enfilade de lacs et de rivières tout autour de Berlin. J’ai poussé, presque sans l’entendre, tout à fait inconsciemment, un soupir ;  je ne sais pas s’il est de soulagement, de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’avion tremble. Pas de cendres volcaniques promises, pas de coucher de soleil rouge, juste des orages, à l’atterrissage au-dessus du Brandenburg. L’aile perce la couche de nuages et j’aperçois, d’un coup, l’enfilade de lacs et de rivières tout autour de Berlin. J’ai poussé, presque sans l’entendre, tout à fait inconsciemment, un soupir ;  je ne sais pas s’il est de soulagement, de bonheur, tout simplement d’émotion brute — non raffinée. Le long collier de perles iridescentes sur le cou de la Spree est toujours le signe altimétrique de l’arrivée imminente au sol. Ma maison. Pourquoi ?</p>
<p>La première fois que j’ai posé le pied — Et Dieu sait si pourtant, c’était sur le tarmac inhospitalier de Schönefeld, le Beauvais-Tillé berlinois — sur la terre d’ici, les courants telluriques se sont précipités, tous à la fois, avec la force d’un barrage qui se rompt, furieux, en moi. Lumières, projecteurs, choeurs d’anges afro-américains dénudés. J’ai trouvé ma scène, mon théâtre.</p>
<p>Ce serait un peu de la psychologie de comptoir de dire que la cité partage un historique commun au mien : je ne le connais pas — nous avons été détruits puis reconstruits à la va-vite. L’analogie est facile. La ville se cherche et est remplie de gens qui se cherchent également. En bon parisien perdu, je viens errer dans les larges rues et les corridors sombres de la ville-labyrinthe dont les avenues se ressemblent tant qu’on passe son temps à guetter son arrêt de bus. Les points de repère s’effaçent. Ainsi, il est plus facile de reconstruire les siens.</p>
<p>Nettoyage par le vide : fuir, se mettre à nu. Physiquement, aussi, au bord d’un lac, ignoré par les gens et les arbres en forme de plumeau qui bruissent, tout autour.</p>
<p>Il fait encore froid. C’est bientôt mon anniversaire. Pas un nuage. Pas un nuage. Pas de cendres. Je ferme les yeux, oublie qu’il faudra que je revienne. D’ici-là, réfléchir, ancrer mon âme ici.</p>
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		<title>Outils d’écriture</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Apr 2010 17:01:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Rituels]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<description><![CDATA[J’écris désespérement peu. C’est un fait. Lorsque je veux m’y mettre, sortir un peu de poésie de mon torturé cervelet, je me ritualise. C’est obligatoire. Sinon, rien ne sort. Impossible par exemple de se mettre à poétiser, en vers ou en prose, sur un clavier, devant un écran d’ordinateur. Blocage immédiat, de longue durée. Il me [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’écris <em>désespérement </em>peu. C’est un fait. Lorsque je veux m’y mettre, sortir un peu de poésie de mon torturé cervelet, je me ritualise. C’est obligatoire. Sinon, rien ne sort. Impossible par exemple de se mettre à poétiser, en vers ou en prose, sur un clavier, devant un écran d’ordinateur. Blocage immédiat, de longue durée. Il me faut un carnet, un stylo-plume.<sup class='footnote'><a href='#fn-461-1' id='fnref-461-1'>1</a></sup></p>
<p><a href="http://lemagnolia.net/wp-content/uploads/2010/04/writing-001.png"><img title="Objets d'écriture" src="http://lemagnolia.net/wp-content/uploads/2010/04/writing-001-246x300.png" alt="Objets d'écriture" width="246" height="300" /></a></p>
<p>Ce billet se veut un peu snob, pas sponsorisé du tout, j’avais envie de partager un peu ce qui trace mes caractères.</p>
<p>Quels sont mes objets d’écriture ? Chacun correspond à une utilité, à un moment. J’en ai trois depuis peu.</p>
<p><a href="http://lemagnolia.net/wp-content/uploads/2010/04/writing-002.png"><img title="Stylos-plumes" src="http://lemagnolia.net/wp-content/uploads/2010/04/writing-002-246x300.png" alt="Stylos-plumes" width="246" height="300" /></a></p>
<p>Mon premier m’a été offert à Pâques par ma grand-mère paternelle. Elle a pourtant un historique de cadeaux embarrassants. Là, elle a tapé pile dans le mille. Je suis resté un peu interloqué devant le paquet ouvert — il est fort joli. Je ne suis pourtant pas un grand fan de Parker, mais celui-là est un bel objet. C’est un <a title="Parker Sonnet" href="http://www.parkerpen.com/fr/discovery/product/sonnet" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.parkerpen.com/fr/discovery/product/sonnet?referer=');">Parker Sonnet</a> (noir), et chose que j’adore, qui marche aussi bien à cartouches qu’à pompe. Autrement dit, il est tout le temps rempli avec de l’encre (en particulier l’encre anglaise du <a title="Encres du Comptoir des Ecritures" href="http://www.comptoirdesecritures.com/acatalog/Mediums_calligraphie_occidentale.html" target="_blank" onclick="pageTracker._trackPageview('/outgoing/www.comptoirdesecritures.com/acatalog/Mediums_calligraphie_occidentale.html?referer=');">Comptoir des Écritures</a> que j’apprécie beaucoup, même si elle est un peu longue à sécher).<br />
Il écrit large. Peu adapté aux petits carnets. J’aime l’utiliser quand j’ai de grandes feuilles. Le fait qu’il m’ait été offert comme cadeau de baptême et de profession de foi lui confère, dans ma tête, une certaine solennité. Je n’arrive pas à m’en servir pour écrire des conneries comme des listes de courses. C’est comme ça, je suis un symboliste.</p>
<p>Mon second, que j’ai acheté sur un coup de tête sur eBay un soir d’ennui, s’est avéré parfait pour tout. J’en voulais un à pompe pour pouvoir utiliser mes bouteilles d’encre. Sa plume est médium, nette, claire. Je m’en sers tout le temps. Pour tout. C’est un Rotring 600 Newton… il ne se fait plus, mais on peut en trouver sur eBay pas très cher. Il est particulièrement lourd, donc très stable.</p>
<p>Et enfin, celui que j’ai acheté il y a longtemps, Rue de Rennes (pourquoi là-bas ?), sur un coup de tête, encore. Mon tout petit qui sert aux carnets, mon Pilot mini. Très fin et si léger qu’on ne le sent pas dans la main. Le stylo des pattes de mouches.</p>
<p>Aucun des trois n’est particulièrement hors de prix, <em>executive gold plated</em> ou je ne sais quoi. Mais j’aime me balader avec les trois, avoir le choix. Je revois encore cette scène de <em>The Hours</em> où Nicole Kidman, jouant Virginia Woolf, passe la main au-dessus d’un plumier rempli pour enfin se saisir de l’une d’elles, presque rageusement, après avoir écarté quelques autres négligemment…</p>
<p>J’aimerais que vous me disiez, vous qui passez ici, quels sont vos objets d’écriture.
<div class='footnotes'>
<div class='footnotedivider'></div>
<ol>
<li id='fn-461-1'>Et accessoirement un environnement propre, mais là on rentre dans mes névroses, bande de polissons voyeurs. <span class='footnotereverse'><a href='#fnref-461-1'>↩</a></span></li>
</ol>
</div>
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		<title>Humeurs</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 00:58:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Vers]]></category>

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		<description><![CDATA[Affres des fièvres Tourments des nuits sans sommeils Où êtes-vous, mains de douceur Repos de l’âme, suspens de la peine Je tourne sans cesse à votre recherche Dans ce lit bien trop blanc. Verrai-je l’Aube ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Affres des fièvres<br />
Tourments des nuits sans sommeils<br />
Où êtes-vous, mains de douceur<br />
Repos de l’âme, suspens de la peine</p>
<p>Je tourne sans cesse à votre recherche<br />
Dans ce lit bien trop blanc.</p>
<p>Verrai-je l’Aube ?</p>
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		<title>Pages blanches</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 15:01:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[abbaye]]></category>
		<category><![CDATA[Berlin]]></category>
		<category><![CDATA[blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Chorin]]></category>
		<category><![CDATA[neige]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Les lettres sur le fronton de la gare de Postdamer Platz sont enneigées. Rien ne veut fondre. Le pourtour des rues se salit à peine. Je ne rêve plus que de cette fabuleuse poudreuse où je m’enfonçais, loin au nord, à la recherche d’une abbaye vide au beau milieu d’une campagne toute aussi vide. Le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les lettres sur le fronton de la gare de Postdamer Platz sont enneigées. Rien ne veut fondre. Le pourtour des rues se salit à peine. Je ne rêve plus que de cette fabuleuse poudreuse où je m’enfonçais, loin au nord, à la recherche d’une abbaye vide au beau milieu d’une campagne toute aussi vide. Le train avait eu du mal à repartir, la glace bloquait le mécanisme des portes – le chef de train (l’appelle t-on vraiment comme ça ?) les refermaient toutes avec un marteau. Toc, toc, toc, toc. Sous les wagons, de grands pics d’eau gelée, avec lesquels on aurait pu tuer un homme.</p>
<p>Berlin est endormie. J’ai l’impression que personne ici n’est vraiment d’ici. Je ne sais pas où sont les habitants. Au chaud, sans doute. L’expérience de nombreux hivers similaires ?</p>
<p>Le grand choc, ce fut la première grand plaine blanche, immaculée, sans un arbre. Je traversais une page blanche. Je crois avoir été à ce moment-là juste au-dessus des banlieues nord de Berlin, là où finalement, la ville s’arrête. Pas de frontière, pas de Francilienne, rien. Pouf, le blanc. L’envie de balancer des grandes traînées d’encre de chine au pinceau et de former de petits dessins obscènes dessus.</p>
<p>Je n’étais en rien préparé à la traversée des bois, qui selon le guide était « parfaitement balisée » et j’en conviens, les signes jaunes étaient aisément repérables. Ce qu’avait beaucoup moins prévu les gentils auteurs, c’est qu’un timbré en mon genre déciderait de faire une excursion sans équipement aucun alors que cinquante centimètres de neige recouvrent le monde teuton. C’est donc en m’enfonçant jusqu’à mi-cuisse que j’ai parcouru les trois kilomètres de la gare aux terres de l’abbaye de Chorin, la belle cistercienne, aux baies ouvertes et de brique rouge.</p>
<p>Ayant perdu mon bonnet quelques jours avant, j’avais emporté mon casque, en guise de protège-oreilles, par dessus ma capuche, et j’ai pu faire la traversée le temps de deux concertos de Poulenc totalement champêtres, doux, et qui se superposaient aux bruits de mes pas dans la neige. Pas fort bruyants, car la neige était composée d’une grande quantité de glace, eut égard à la température. Elle crissait donc tout particulièrement.</p>
<p>Une grande étendue blanche aux formes arrondies m’étonna vers la fin de mon périple. Il me fallut passer un petit pont où l’eau coulait encore un peu pour comprendre qu’il s’agissait d’un grand lac gelé.</p>
<p>Je fus seul dans l’abbaye, et rempli d’une présence étonnante qui m’éleva l’âme. Au sortir, il s’était remis à neiger le triple, au point qu’il neigeait dans l’Église Abbatiale, qui n’avait plus de vitraux depuis des siècles (en avait-elle eu ?) Je repartais à travers la page blanche, jetant un œil au cimetière et souhaitant hanter les lieux aux jours anniversaires de ma mort.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Prière à l’Aube</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Dec 2009 00:12:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Vers]]></category>

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		<description><![CDATA[Oh, Adonai, Eternel mon Dieu, Toi en qui je n’ai jamais cru, Pourquoi sa voix, lui qui semble avoir Ta voix, Me fait-elle trembler le coeur dans le poitrail ? Quelques sons ensommeillés, Tirés de ses rêves troublés, Des sourires de m’entendre M’ont troublé plus que je ne l’aurai pu croire. Libère-moi de ma peine, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Oh, Adonai, Eternel mon Dieu,<br />
Toi en qui je n’ai jamais cru,<br />
Pourquoi sa voix, lui qui semble avoir Ta voix,<br />
Me fait-elle trembler le coeur dans le poitrail ?</p>
<p>Quelques sons ensommeillés,<br />
Tirés de ses rêves troublés,<br />
Des sourires de m’entendre<br />
M’ont troublé plus que je ne l’aurai pu croire.</p>
<p>Libère-moi de ma peine,<br />
Et réunis-nous,<br />
En effaçant nos tristesses,<br />
Et nos colères.</p>
<p>Amen.  (Pitié.)</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Parfums</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Sep 2009 19:15:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie]]></category>
		<category><![CDATA[Poésie Courte]]></category>
		<category><![CDATA[Vers]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qu’il m’en a fallu du temps Pour ne plus frémir à ton odeur Sur la peau d’un autre Je mens comme je te respire.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qu’il m’en a fallu du temps<br />
Pour ne plus frémir à ton odeur<br />
Sur la peau d’un autre</p>
<p>Je mens comme je te respire.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Marée Noire et Bleue</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Sep 2008 21:47:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Johann</dc:creator>
				<category><![CDATA[Autobiographique]]></category>
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[(Semi-autobiographique pour le premier diptyque de cette saison pour Akynou.) C’était un matin comme les autres, somme toute. Un peu plus bleu que prévu. En un souffle rapide, un halètement de rails, et mes pieds foulaient soudain le sable de la baie de Somme. J’avais l’habitude de ces rivages vides de peuple, et je le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>(Semi-autobiographique pour le premier diptyque de cette saison pour Akynou.)</em></p>
<p>C’était un matin comme les autres, somme toute. Un peu plus bleu que prévu. En un souffle rapide, un halètement de rails, et mes pieds foulaient soudain le sable de la baie de Somme. J’avais l’habitude de ces rivages vides de peuple, et je le trouvais là rempli, grouillant d’agitation. Des enfants surveillés et tancés à peine, parfois, par leurs famille fières. Les quelques couples silencieux, plein de leur amour et du bruit des vagues.</p>
<p>J’ai cherché une main à laquelle me raccrocher. Je me suis retourné, croyant entendre mon nom, revivant brutalement des bonheurs déjà passés. J’ai erré de Quend-Plage à Fort-Mahon, m’enfonçant dans les rigoles creusées dans le sable, hagard, écoutant dans les souffles des dunes et des nuages rares les échos de nos touchers disparus.</p>
<p>Je cherchais en vain ma place qui n’y était plus. Je suis rentré à Paris. Aux alentours de la Gare du Nord, j’ai marché sans but, ignorant toute logique. Et dans une ruelle, j’ai senti que la lassitude était juste un peu trop forte pour que mes jambes me portent plus loin. Alors, je me suis allongé, sans personne autour, la joue contre le bitume de mes jours durs.</p>
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