Maelström. Tout s’accumule, tourne follement, et je suis le point de non-retour. J’ai l’impression fort dérangeante que de nombreux, très nombreux changements sont à venir, bientôt. Et je crains n’avoir qu’un contrôle très limité sur les choses. (Impression confirmée par les cartes, d’ailleurs.)
Ma vie amoureuse est une catastrophe, car ma sexualité la parasite et la paralyse. Je suis encore très amoureux d’un homme qui m’a fait beaucoup de mal, que j’avais tenté d’enterrer à jamais, mais qui est revenu ces derniers temps. J’avais joué la transition dans son couple, la bulle d’air qui lui a permis de repartir à toute vapeur avec celui qui vit avec lui. Six mois à me donner sans recevoir en retour quoi que ce soit. Mais il s’avère que son couple bat à nouveau de l’aile. Nous nous revoyons régulièrement. Nous faisons l’amour à chaque fois, c’est parfait. Il est le seul avec qui je n’ai pu me contenter que de son seul contact. Toutes mes relations se sont avérées des désastres à cause de ça : mes envies d’ailleurs que personne ne semble prêt à assumer. Mais avec lui, non, je n’en avais pas besoin. Dois-je espérer leur rupture ?
Ma vie professionnelle est une rigolade. Un an de formation rémunérée comme secrétaire d’architecte, où je fais 28 heures par semaine en entreprise et 7h à l’école. Je suis le seul mâle de ma promo. On s’amuse comme des folles. Mais ce boulot est inintéressant au possible, et j’ai vraiment du mal avec la personnalité de l’Architecte. Ils se ressemblent tous, et même s’ils ne sont pas forcément méchants, ils sont dans leur monde : fixés sur eux-mêmes. Mon contrat se termine le 1er avril. Je doute qu’ils désirent me garder — et de toute façon, aucune chance que je reste. Je serai libre d’avril (ça tombe bien, à cette date j’aurai fini de payer mes crédits) à septembre. Et en septembre, j’essaierais bien un CAP fleuriste. Je passe mon temps à changer d’orientation. A force d’essais, peut-être tomberai-je sur le travail rêvé ? Je me vois bien possédant mon magasin… Et j’ai toujours adoré les fleurs et l’activité manuelle. Nous verrons bien.
Ma santé n’est finalement pas si mauvaise, comparée à ce qu’elle a été. J’ai envoyé valser anti-dépresseurs, thymorégulateurs et autres psychotropes il y a un mois. Je me sens plus clair. Pas plus heureux, ni mieux : plus clair. Comme si j’avais vu à travers une vitre fumée pendant un an et que brutalement je l’avais enlevée : ça fait mal aux yeux, mais au moins, on voit les détails et les couleurs. Comme le dit ma doctoresse : vous travaillez sans filet. Certes. Le risque me plaît. On ne peut pas vivre sans. Et je crois que mon traitement a été responsable de ma prise de poids. Parlons-en, tiens : je fais maintenant 1m83 pour 99kg. Arrondissons à 100. Mais je ne me sens pas laid. C’est juste plus dur pour s’habiller. Le 48 n’est pas trouvé partout. Ah, si j’avais le goût du sport…
Ne parlons pas de mes finances désastreuses, to say the least, ni de ma sexualité exacerbée et inapropriée…
Bref. Comme on le dit chez nous : j’ai pas d’plaisir…