Mois : 08.2008

Etat rapide des lieux

Mael­ström. Tout s’accumule, tourne fol­le­ment, et je suis le point de non-retour. J’ai l’impression fort déran­geante que de nom­breux, très nom­breux chan­ge­ments sont à venir, bien­tôt. Et je crains n’avoir qu’un contrôle très limité sur les choses. (Impres­sion confir­mée par les cartes, d’ailleurs.)

Ma vie amou­reuse est une catas­trophe, car ma sexua­lité la para­site et la para­lyse. Je suis encore très amou­reux d’un homme qui m’a fait beau­coup de mal, que j’avais tenté d’enterrer à jamais, mais qui est revenu ces der­niers temps. J’avais joué la tran­si­tion dans son couple, la bulle d’air qui lui a per­mis de repar­tir à toute vapeur avec celui qui vit avec lui. Six mois à me don­ner sans rece­voir en retour quoi que ce soit. Mais il s’avère que son couple bat à nou­veau de l’aile. Nous nous revoyons régu­liè­re­ment. Nous fai­sons l’amour à chaque fois, c’est par­fait. Il est le seul avec qui je n’ai pu me conten­ter que de son seul contact. Toutes mes rela­tions se sont avé­rées des désastres à cause de ça : mes envies d’ailleurs que per­sonne ne semble prêt à assu­mer. Mais avec lui, non, je n’en avais pas besoin. Dois-je espé­rer leur rupture ?

Ma vie pro­fes­sion­nelle est une rigo­lade. Un an de for­ma­tion rému­né­rée comme secré­taire d’architecte, où je fais 28 heures par semaine en entre­prise et 7h à l’école. Je suis le seul mâle de ma promo. On s’amuse comme des folles. Mais ce bou­lot est inin­té­res­sant au pos­sible, et j’ai vrai­ment du mal avec la per­son­na­lité de l’Architecte. Ils se res­semblent tous, et même s’ils ne sont pas for­cé­ment méchants, ils sont dans leur monde : fixés sur eux-mêmes. Mon contrat se ter­mine le 1er avril. Je doute qu’ils dési­rent me gar­der — et de toute façon, aucune chance que je reste. Je serai libre d’avril (ça tombe bien, à cette date j’aurai fini de payer mes cré­dits) à sep­tembre. Et en sep­tembre, j’essaierais bien un CAP fleu­riste. Je passe mon temps à chan­ger d’orientation. A force d’essais, peut-être tomberai-je sur le tra­vail rêvé ? Je me vois bien pos­sé­dant mon maga­sin… Et j’ai tou­jours adoré les fleurs et l’activité manuelle. Nous ver­rons bien.

Ma santé n’est fina­le­ment pas si mau­vaise, com­pa­rée à ce qu’elle a été. J’ai envoyé val­ser anti-dépresseurs, thy­mo­ré­gu­la­teurs et autres psy­cho­tropes il y a un mois. Je me sens plus clair. Pas plus heu­reux, ni mieux : plus clair. Comme si j’avais vu à tra­vers une vitre fumée pen­dant un an et que bru­ta­le­ment je l’avais enle­vée : ça fait mal aux yeux, mais au moins, on voit les détails et les cou­leurs. Comme le dit ma doc­to­resse : vous tra­vaillez sans filet. Certes. Le risque me plaît. On ne peut pas vivre sans. Et je crois que mon trai­te­ment a été res­pon­sable de ma prise de poids. Parlons-en, tiens : je fais main­te­nant 1m83 pour 99kg. Arron­dis­sons à 100. Mais je ne me sens pas laid. C’est juste plus dur pour s’habiller. Le 48 n’est pas trouvé par­tout. Ah, si j’avais le goût du sport…

Ne par­lons pas de mes finances désas­treuses, to say the least, ni de ma sexua­lité exa­cer­bée et inapropriée…

Bref. Comme on le dit chez nous : j’ai pas d’plaisir…

Posté le 31.08.2008
Catégories : Autobiographique
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Imprévu culturel

J’ai visité hier en com­pa­gnie de ma mère l’exposition sur Zao Wou-Ki, à la Biblio­thèque Natio­nale de France. J’ai trouvé ses oeuvres fort inté­res­santes, et éton­nantes de pro­fon­deur, lorsqu’elles sont vues de loin en par­ti­cu­lier. Ses illus­tra­tions de début de car­rière m’ont beau­coup tou­ché, égale­ment. Il a beau­coup illus­tré pour les poètes fran­çais. Mais le plus étrange, dans cette excur­sion, est que je suis tombé en arrêt devant un des textes pré­sen­tés. Voici l’extrait qui m’a figé sur place.

A la sur­face de l’étang, les hautes pattes très minces du fau­cheux qui, en cisaillant l’eau, se tient immo­bile contre le cou­rant.
A minuit passé, dans le noir, le petit bruit mat sur l’escalier de bois des pattes (presque sans pesan­teur) de la chatte, qui vient dor­mir à mes pieds.
Sur la dune, cueillir une tige, en frot­ter la paume de sa main et tout le reste de la jour­née res­pi­rer de temps en temps l’odeur de réglisse et de poivre.
Dans la mai­son qu’il faut quit­ter à l’automne, sur ce figuier qu’on adju­rait de mûrir enfin, une seule figue mûre à l’instant du départ. La cou­per en deux, et sa chair vio­la­cée brille au soleil de sep­tembre à sa fin. […]

Claude Roy

Posté le 22.08.2008
Catégories : Citations
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Note de passage

Claude Roy disait que le jour­nal intime est un livret de caisse d’épargne du temps qui passe. (dans Per­mis de séjour 1977 – 1982) Moi qui suis inca­pable de mettre le moindre sou de côté — vous devriez voir mes comptes, c’est à mou­rir de rire — je serai fort riche, la vieillesse arrivée.

Voilà, j’ai refait un peu mon petit car­net vir­tuel. En noir et or, mais fina­le­ment, sans chan­ger grand-chose dans le fond. Ça me plaît beaucoup.

Posté le 22.08.2008
Catégories : Articles non classés
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Parabole

J’aimerais faire de ma chambre
Un uni­vers invisible

J’aimerais faire de mon corps
Une mons­trance d’or

J’aimerais faire de ma voix
L’agneau de l’Apocalypse

J’aimerai faire de ma vie
Un livre d’histoires.

Posté le 19.08.2008
Catégories : Poésie, Poésie Courte, Vers
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