Billings Gazette est un groupe de jazz formé en 1971 par Biff Donat (1937−1999), Rudy Lavern (1944-), Topsy Hertha (1945-) et Zara Maureen (1951−1984), à Wolfville, Nouvelle-Ecosse, Canada.
Leur premier album, No loss of enthousiasm, sort le 12 avril 1972, avec Donat au piano, Lavern aux percussions, Hertha au saxophone et Maureen au chant. Sa voix éraillée, légère, ne collant pas du tout aux courants classiques du jazz, connaît tout de suite un grand succès.
- From the senses
- No one thinks of changing themselves
- Boring person
- You don’t believe ?
- Course to victory
- Force
- Not a happy prospect
- From this world no another
- Pillar of my life
- At the top
- Lights the fuse
- Injuring eternity
- Food chain
- Maybe 25 or 30
- Get out of the kitchen
- Silence is full of music
- Change the facts
En 1974, le groupe intègre Sid Custodio (1943−2004) à la trompette et Veronika Valli (1939-) à la clarinette et au chant. Sa voix a toujours été décrite comme plus terne que celle de Maureen, mais elle n’en reste pas moins claire et, comme le dira Custodio vingt ans plus tard «avec une touche de douceur qui vous relâche tout le corps».
La même année (le 15 mai) sort How to make gloves, qui étonne par ses textes engagés et les duos presque violents entre Valli et Maureen.
- If you want to know the truth
- Sometimes I think we’re alone
- Nothing wrong with America
- Dogs and infants
- Great motive
- Crush me
- Stern resolve
- The essence of living
- Ask for nothing
- Monkey-boys
- I don’t feel like going into it
- If you want to know the truth (uncut version)
Tout de suite après la sortie du disque, le groupe intègre le vibraphoniste Jalen Murphy (1948-), et entame une tournée au Canada. L’année suivante, le groupe s’installe à Boston, Massachusetts, où le succès est au rendez-vous, surtout dans les clubs. Ils fondent le label indépendant Zerotin.
Leur album suivant sort le 21 juillet 1979 et se nomme There is common sense below, beaucoup plus pop, aux mélodies plus sophistiquées.
- Dangerous mix
- You win some and you lose some
- It will never exist
- You don’t get what you want
- To your home
- Separately
- Sell your youth
- Two small steps
- Two roads
- Bent on high and holy roads
- Discover sights more sweet
- Miami beach (feat. Lou Reed)
En 1981, Rudy Lavern, fatigué par une vie familiale difficile, quitte le groupe en plein milieu de l’enregistrement de leur nouvel album, et est remplacé par Constant Maxen (1950-) aux percussions, ainsi que sa compagne Sidney Eirlys (1954-) à la flûte et au chant. Elle n’a pas le coffre d’être une chanteuse de premier plan et restera toujours aux choeurs. Le nouvel album sort le 1er novembre et s’intitule Faith against knowledge. Il reste dans la continuité évolutive du précédent opus, mais les textes sont plus légers et le rythme se fait plus entraînant.
- I contributed
- Going on in life
- A second wife
- Hidden language
- We write because we have to
- Too weak to seek
- Human spirit
- Without trials
- I came into this world
- Sport pages first
- Gem
- The central struggle of parenthood
- Beauty magazines
- Penitent
- Error of opinion
- Golf on sunday
- He that dies
- The News
- Untie the ribbons
Le 13 janvier 1984, Zara Maureen est retrouvée morte chez elle. L’autopsie concluera à une overdose d’héroïne, et le groupe perd sa voix. S’ensuit une traversée du désert de deux ans où les conflits sont nombreux au sein de la formation, maintenant forte de 7 personnes. Maxen et Eirlys se séparent, sans pour autant quitter le groupe, mais leur entente musicale s’en ressent. Un soir, Custodio et Murphy en viennent même aux mains, ce qui leur vaudra chacun une nuit en prison. Le groupe se sépare pour «faire le point» sur ordre du dirigeant Biff Donat. Topsy Hortha est encouragée pendant cette période par Veronika Valli à travailler sa voix en plus du saxophone, et Hortha se découvre un don caché : une voix vibrante, toute en graves, qui complète parfaitement celle de Valli. Elles travaillent ensemble jusqu’en 1986, puis le groupe se reforme, plus calmement. La découverte de la «remplaçante» de Zara Maureen déclenche un enthousiasme qui achèvera la réunification de la formation. Gil Bahadur (1925−2005), saxophoniste, intègre la formation la même année, ainsi que Sheila Arlette (1941-) au hautbois et Michaela Attie (1950-) au chant et aux percussions. La voix de cette dernière se fond dans la tessiture de Sidney Eirlys et elles forment un choeur parfait pour les deux «soeurs» Hertha et Valli, dont les duos formeront l’essentiel de l’album suivant.
Très rapidement enregistré, We are undone sort le 14 janvier 1987. Encensé par la critique, il restera malgré tout un succès très moyen commercialement.
- Seniority
- The aim of art
- For a sorrow
- Human materiel
- Look up
- Every fresh crisis
- Complete fools
- Common mistakes
- Grace and love
- Perception of truth
- Begin anyway
- You’re licked
De plus en plus influencés par la musique électronique et les divers courants de la lounge-music de par le monde, le groupe intègre Viktor Paul (1968-), jeune DJ, dans la formation. Il transformera leur musique sans la dénaturer, lui donnant l’aspect unique d’une réelle formation de jazz à l’ancienne tout en y ajoutant les mélodies et les samples des dernières musiques à la mode. Leur album suivant, The right scale of values, sort le 26 octobre 1990 et est un triomphe. Inclassable et nostalgique, il marque l’apogée de la formation. Très court, il déclenche une véritable déferlante de demandes de la part des fans, frustrés de le faible cadence de production de l’ensemble.
- Fall is the artist
- Doing it to me
- Questions anything
- Bitter to lose a friend to evil
- Boring
- The whale and the human
- Eternity in an hour
- The world is wide
- Late morning rolls
Pris dans une tornade médiatique intense, le groupe décide d’enregistrer un EP de six titres, qui sera suivi selon l’accueil de celui-ci par une tournée. Le 14 juin 1991 sort Pray as if. Sans appel : les albums s’arrachent aux Etats-Unis, au Canada, en Europe et au Japon. La tournée sera mondiale.
- Himself
- Hygiene of the blood
- Dressed for eternity
- Remains
- Can’t cope
- Quarrel not at all
La tournée est épuisante, et passera par dix-sept pays. Plus de cent quarante concerts seront donnés. Lors de l’avant-dernier, à Providence, Rhode Island, Gil Bahadur ne peut monter en scène, et devra être transféré à l’hôpital pour y subir une opération cardiaque dont il ne se remettra jamais. Il décèdera chez lui, à Boston, en 2005, très diminué.
La tournée ayant été un succès à l’image du dernier album, la pression publique se fait plus forte encore sur l’ensemble. Cependant, de par leur engagement à leur label indépendant, ils peuvent se permettre de prendre leur temps. Trois ans de plus seront nécessaires pour finaliser leur septième album : This is my answer, qui sort le 3 mars 1995. Les sonorités sont tristes et douces, avec quatre morceaux avec des invités de prestige : Quincy Jones, Pat Metheny, Astrud Gilberto et Nina Simone.
- Be more splendid
- Life is a foreign language
- Golden moments (feat. Quincy Jones)
- Short-term memory
- As bad
- Wrong ! (feat. Pat Metheny)
- Human chain
- A few dollars
- Never apologize for feeling something (feat. Astrud Gilberto)
- High cost
- Make me laugh, honey
- Dark bird song
- Dead lion (feat. Nina Simone)
- The serious face
- After I’m dead
Ce sera leur dernier album. En 1999 décède Biff Donat, le chef et doyen de l’ensemble, qui décide de se séparer au faîte de sa gloire.
Crédits photos : Werner Wattenbergh, D’Angelo, –andrea–, Lessfeet, Kennedy Goodkey, Whitney Waller, Ecstaticist, Timothy Erickson.
Explications : pour ceux qui se questionnent, j’ai fait ma propre version perso de ce truc trouvé chez Peerounet, Nacara et les autres. Il s’agit d’une biographie d’un ensemble imaginaire, basé sur des processus aléatoires.







