Mois : 01.2008

La Dame de Fer

(Au loin, bien­tôt, tu repars. Et moi, après tout, je n’aurai été qu’une façade de plus dans cette ville grise.)

Mille marches d’acier
Le souffle coupé
Des mer­veilles, au loin

Cet inac­ces­sible là
Est à por­tée de main

Je brûle.

Posté le 29.01.2008
Catégories : Autobiographique, Poésie, Poésie Courte, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

L’Odeur du Limon

Peu importe, main­te­nant, à qui j’ai envoyé cette lettre. Le contexte : je sor­tais de l’hôpital, il y a un an et demi.

Com­ment expli­quer ? Com­ment expli­quer cette force incroyable qui me vient par­fois et qui l’instant d’après, s’effondre sur elle-même, me lais­sant amer et faible ? Je vou­drais tant pou­voir te faire ren­trer dans ma tête, te faire habi­ter mon esprit et mon corps ne serait-ce qu’une minute ! Tu com­pren­drais tout. […]
J’attends quelque chose, quelqu’un, un moment, que même une chute dans la Seine au péril de ma vie ne m’a pas fait appro­cher. De la chute où je pen­sais trou­ver des ailes, je ne me rap­pelle qu’un souffle hur­lant à mes oreilles et je me retrouve avec toute la jambe gauche tumé­fiée. Du fond de l’eau où je pen­sais trou­ver un rêve sous-marin, je ne revois que l’horreur d’une eau noire et sale. Alors je suis remonté, j’ai nagé, je me suis mis sur le bord et j’ai regardé dans le vide. Je suis pri­son­nier. Alors ima­gine un pri­son­nier qu’on enferme dans une autre pri­son ? […]
Je ne trouve plus les mots ni la force. Alors je vais ten­ter de m’évader un peu, en même temps que je ten­te­rai de faire sem­blant de me fondre dans ce monde, comme tout le monde me l’a demandé depuis vingt ans.
Mais vous ne gagne­rez PAS.

Com­bien de temps me fau­dra t-il pour pas­ser à autre chose ? Je brûle.

Posté le 27.01.2008
Catégories : Autobiographique
Réactions : Aucun Commentaire.

Vent de terre — IV

Le vent est tombé
Et les gouttes conti­nues sont chaudes
Sur le pas de ma porte,
L’envie me prend de me baigner.

Pieds nus dans l’herbe détrem­pée
Je res­pire cet air si vif, si peu ter­restre soudain.

La tête me tourne et l’eau atteint tout mon corps.
Les rais de lumières les plus fins m’entourent gracieusement.

Autour, les arbres flou­tés
Semblent des pré­sences bien­veillantes
Et j’aspire à longs traits
Leurs souffles brumeux.

Posté le 17.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

Vent de terre — III

L’eau de l’étang fré­mit
Mais pire encore le sort des roseaux
Pen­chés, presque noyés.

Les cou­lées célestes
Gri­saillent le pay­sage
D’une aube faussée.

Fin du monde
Lumière dorée qui perce les nuages
Et sub­merge la pluie elle-même.

Tout au long des rigoles de terre,
Tout à l’heure,
Rei­nettes et escar­gots trou­ve­ront leur paradis.

Posté le 17.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

Vent de terre — II

La noir­ceur a posé son châle de suie
Tout autour des lumières de ma maison.

La lan­terne dans le coin, sus­pen­due au porche,
Tangue sans s’éteindre.

Quelques tuiles s’envolent
Et viennent se bri­ser entre les genêts du jardin.

Impos­sible de défier les éléments déjà offus­qués
Par une offen­sive lumineuse

J’éteins la lampe du bureau
Et allume deux bougies.

Au loin, guideront-elles le voya­geur égaré ?

Posté le 17.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

Vent de terre — I

La flamme vacille
Et le vent, au-dehors, hurle.

Le contact de ma main contre la vitre
Aspire la maigre cha­leur de ma paume
Et la buée s’étend, comme un voile,
Vers les quatre coins du verre.

Les cyprès, souples sous le souffle des terres
Battent en fouets arbo­rés
Les éléments aériens déran­gés par la tempête.

Dans l’obscurité, seule la Lune, elle, reste immobile.

Posté le 17.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

Fin de bobine

Sur ces notes et ces susur­re­ments chuin­tés
Plus de larmes
Il n’y a plus d’il dans ma tête.

Le blanc de l’écran m’éblouit.

Posté le 12.01.2008
Catégories : Poésie, Poésie Courte, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

Effet Tcherenkov

Il nous arrive d’être ébahis devant des mon­tagnes, des océans, des soleils, d’être impres­sion­nés par ce qui est hors de notre por­tée, par ce que nos mains ne sau­raient pas fabri­quer, ce que nos esprits seraient inca­pables de conce­voir. Mais on ne s’attend à rien devant les hommes. Rien qu’à des sen­ti­ments ordi­naires. Et puis, un jour, il en est un qui sur­vient, auquel on n’est pas pré­pa­rés, et on a les genoux qui ploient. On ne sait pas dire pour­quoi. On en trouve pas les mots. Ça n’a rien de reli­gieux. On n’est pas dans l’adoration. C’est quelque chose qui a à voir avec la grâce, avec la magie. Sou­dain, on est dans l’éblouissement. On est un pas en arrière, ou un cran au-dessous. On est tenu à dis­tance. Le sen­ti­ment qu’on éprouve, ça n’est pas for­cé­ment du désir. Pour les femmes, peut-être, oui. Mais c’est autre chose aussi. Une sorte de réserve. Un res­pect face à une puis­sance indi­cible. Il y a des hommes qui ne sont pas juste des hommes.

Phi­lippe Bes­son, Un ins­tant d’abandon

Posté le 10.01.2008
Catégories : Citations
Réactions : 2 Commentaires.

La Bulle

Aky­nou, cette figure ô com­bien mater­nelle, parmi d’autres, dans cette famille que j’ai voulu créer au détour de cla­viers, sans jamais y arri­ver, a écrit ceci à mon pro­pos, après m’avoir vu au Paris-Carnet d’hier soir :

Il me fait irré­sis­ti­ble­ment pen­ser à ces jeunes dan­dys du 19e siècle, tant dans sa façon de se tenir, sa légè­reté de façade, cette joie qu’il arbore, son côté bulle de cham­pagne que dans la faille qui affleure der­rière, mais qui se laisse de moins en moins déni­cher. C’est que le jeune sei­gneur prend de l’âge et des défenses.

Je ne sais pas quoi en faire. La faille n’a pas dis­paru, mais oui, elle s’est réduite, bru­ta­le­ment, à coup de séismes. Mais plus impor­tant, le masque est tombé. Je n’aime plus faire sem­blant. Main­te­nant, quand je suis fati­gué, triste, ça se voit, je le dis. J’étais en colère contre plu­sieurs per­sonnes pré­sentes, hier. Ils l’ont senti. Qu’ils en aient quelque chose à faire, c’est un autre pro­blème. Mais je n’ai pas retourné cette colère contre moi, comme par le passé. Finie, l’auto-flagellation.

Enfin, je crois que je suis capable de don­ner. Que ce soit du posi­tif comme du néga­tif. Je ne suis plus une bombe ato­mique en per­pé­tuelle explo­sion inté­rieure. Main­te­nant, j’exploserai tou­jours, mais vers l’extérieur, his­toire de ne plus me dévas­ter. La recons­truc­tion est la pro­chaine étape.

Je tenais à remer­cier, en plus de l’auteure de ces mots qui me touchent : la sémillante Fli­ckette™ qui m’a ado­ra­ble­ment rame­née, et qui s’est en plus arrê­tée à la phar­ma­cie à Nation pour moi, peu avant minuit ; Gilda pour son sou­rire qui n’a jamais failli en ma pré­sence, comme celui de Mel, ou de Gaby, d’ailleurs ; Koz, autre figure mater­nelle ; et tant d’autres. Je tenais égale­ment à faire pas­ser des mes­sages per­son­nels : oui, j’ai peut-être ten­dance à péro­rer, mais au moins, je ne prends pas les gens de haut du fait d’une ridi­cule ascen­dance d’âge ; non, apprendre par coeur les conjonc­tions de la langue anglaise ne fera pas mieux écrire ni com­prendre, bien au contraire ; un furoncle sur la fesse droite, ça fait mal — mais ça, on l’a bien com­pris, tant je l’ai répété.

Posté le 03.01.2008
Catégories : Autobiographique
Réactions : 4 Commentaires.

Premier mercredi

Le flou, autour.
Peu de som­meil, la nuit der­nière.
Mais qu’importe : grisé, sous ces lan­ternes qui n’en sont pas
Je brille d’or et de bulles.

Vidé, ne tenant plus que par un fil
A la grande toile de mon théâtre
J’oscille, oscille…
Et en myriades de cou­leurs, j’implose.

Le froid, autour.
Il pleut un peu, mais mes che­veux hui­leux
Ne s’en émeuvent guère.

Som­meil.

Posté le 03.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Un Commentaire.

Minuit

Rosi, per­clus, mais sou­riant
J’arpente, en silence, les rues encores brillantes
Comme une gangue de glace colo­rée
Fon­dant, enfin, sous le soleil d’après-solstice

Les fêtes de la fin de l’an sont par­ties
Dans une grande explo­sion de joie commune

Sans fin, cette attente.

Excité, les yeux grands ouverts, j’ai espéré
Qu’à minuit, moi, comme les autres
Aurait ma part d’illusion.

En lieu en place,
Deux larmes éteintes dans la nuit.

Posté le 03.01.2008
Catégories : Poésie, Vers
Réactions : Aucun Commentaire.

L’ange de l’an passe

Sur le seuil des matins blancs
Viennent se poser, en un souffle
Les écumes éteintes de l’année passée.

Posté le 01.01.2008
Catégories : Poésie, Poésie Courte
Réactions : Aucun Commentaire.