(Au loin, bientôt, tu repars. Et moi, après tout, je n’aurai été qu’une façade de plus dans cette ville grise.)
Mille marches d’acier
Le souffle coupé
Des merveilles, au loin
Cet inaccessible là
Est à portée de main
Je brûle.
Peu importe, maintenant, à qui j’ai envoyé cette lettre. Le contexte : je sortais de l’hôpital, il y a un an et demi.
Comment expliquer ? Comment expliquer cette force incroyable qui me vient parfois et qui l’instant d’après, s’effondre sur elle-même, me laissant amer et faible ? Je voudrais tant pouvoir te faire rentrer dans ma tête, te faire habiter mon esprit et mon corps ne serait-ce qu’une minute ! Tu comprendrais tout. […]
J’attends quelque chose, quelqu’un, un moment, que même une chute dans la Seine au péril de ma vie ne m’a pas fait approcher. De la chute où je pensais trouver des ailes, je ne me rappelle qu’un souffle hurlant à mes oreilles et je me retrouve avec toute la jambe gauche tuméfiée. Du fond de l’eau où je pensais trouver un rêve sous-marin, je ne revois que l’horreur d’une eau noire et sale. Alors je suis remonté, j’ai nagé, je me suis mis sur le bord et j’ai regardé dans le vide. Je suis prisonnier. Alors imagine un prisonnier qu’on enferme dans une autre prison ? […]
Je ne trouve plus les mots ni la force. Alors je vais tenter de m’évader un peu, en même temps que je tenterai de faire semblant de me fondre dans ce monde, comme tout le monde me l’a demandé depuis vingt ans.
Mais vous ne gagnerez PAS.
Combien de temps me faudra t-il pour passer à autre chose ? Je brûle.
Posté le 27.01.2008
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Le vent est tombé
Et les gouttes continues sont chaudes
Sur le pas de ma porte,
L’envie me prend de me baigner.
Pieds nus dans l’herbe détrempée
Je respire cet air si vif, si peu terrestre soudain.
La tête me tourne et l’eau atteint tout mon corps.
Les rais de lumières les plus fins m’entourent gracieusement.
Autour, les arbres floutés
Semblent des présences bienveillantes
Et j’aspire à longs traits
Leurs souffles brumeux.
Posté le 17.01.2008
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L’eau de l’étang frémit
Mais pire encore le sort des roseaux
Penchés, presque noyés.
Les coulées célestes
Grisaillent le paysage
D’une aube faussée.
Fin du monde
Lumière dorée qui perce les nuages
Et submerge la pluie elle-même.
Tout au long des rigoles de terre,
Tout à l’heure,
Reinettes et escargots trouveront leur paradis.
Posté le 17.01.2008
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La noirceur a posé son châle de suie
Tout autour des lumières de ma maison.
La lanterne dans le coin, suspendue au porche,
Tangue sans s’éteindre.
Quelques tuiles s’envolent
Et viennent se briser entre les genêts du jardin.
Impossible de défier les éléments déjà offusqués
Par une offensive lumineuse
J’éteins la lampe du bureau
Et allume deux bougies.
Au loin, guideront-elles le voyageur égaré ?
Posté le 17.01.2008
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La flamme vacille
Et le vent, au-dehors, hurle.
Le contact de ma main contre la vitre
Aspire la maigre chaleur de ma paume
Et la buée s’étend, comme un voile,
Vers les quatre coins du verre.
Les cyprès, souples sous le souffle des terres
Battent en fouets arborés
Les éléments aériens dérangés par la tempête.
Dans l’obscurité, seule la Lune, elle, reste immobile.
Posté le 17.01.2008
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Sur ces notes et ces susurrements chuintés
Plus de larmes
Il n’y a plus d’il dans ma tête.
Le blanc de l’écran m’éblouit.
Posté le 12.01.2008
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Il nous arrive d’être ébahis devant des montagnes, des océans, des soleils, d’être impressionnés par ce qui est hors de notre portée, par ce que nos mains ne sauraient pas fabriquer, ce que nos esprits seraient incapables de concevoir. Mais on ne s’attend à rien devant les hommes. Rien qu’à des sentiments ordinaires. Et puis, un jour, il en est un qui survient, auquel on n’est pas préparés, et on a les genoux qui ploient. On ne sait pas dire pourquoi. On en trouve pas les mots. Ça n’a rien de religieux. On n’est pas dans l’adoration. C’est quelque chose qui a à voir avec la grâce, avec la magie. Soudain, on est dans l’éblouissement. On est un pas en arrière, ou un cran au-dessous. On est tenu à distance. Le sentiment qu’on éprouve, ça n’est pas forcément du désir. Pour les femmes, peut-être, oui. Mais c’est autre chose aussi. Une sorte de réserve. Un respect face à une puissance indicible. Il y a des hommes qui ne sont pas juste des hommes.
Philippe Besson, Un instant d’abandon
Posté le 10.01.2008
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Akynou, cette figure ô combien maternelle, parmi d’autres, dans cette famille que j’ai voulu créer au détour de claviers, sans jamais y arriver, a écrit ceci à mon propos, après m’avoir vu au Paris-Carnet d’hier soir :
Il me fait irrésistiblement penser à ces jeunes dandys du 19e siècle, tant dans sa façon de se tenir, sa légèreté de façade, cette joie qu’il arbore, son côté bulle de champagne que dans la faille qui affleure derrière, mais qui se laisse de moins en moins dénicher. C’est que le jeune seigneur prend de l’âge et des défenses.
Je ne sais pas quoi en faire. La faille n’a pas disparu, mais oui, elle s’est réduite, brutalement, à coup de séismes. Mais plus important, le masque est tombé. Je n’aime plus faire semblant. Maintenant, quand je suis fatigué, triste, ça se voit, je le dis. J’étais en colère contre plusieurs personnes présentes, hier. Ils l’ont senti. Qu’ils en aient quelque chose à faire, c’est un autre problème. Mais je n’ai pas retourné cette colère contre moi, comme par le passé. Finie, l’auto-flagellation.
Enfin, je crois que je suis capable de donner. Que ce soit du positif comme du négatif. Je ne suis plus une bombe atomique en perpétuelle explosion intérieure. Maintenant, j’exploserai toujours, mais vers l’extérieur, histoire de ne plus me dévaster. La reconstruction est la prochaine étape.
Je tenais à remercier, en plus de l’auteure de ces mots qui me touchent : la sémillante Flickette™ qui m’a adorablement ramenée, et qui s’est en plus arrêtée à la pharmacie à Nation pour moi, peu avant minuit ; Gilda pour son sourire qui n’a jamais failli en ma présence, comme celui de Mel, ou de Gaby, d’ailleurs ; Koz, autre figure maternelle ; et tant d’autres. Je tenais également à faire passer des messages personnels : oui, j’ai peut-être tendance à pérorer, mais au moins, je ne prends pas les gens de haut du fait d’une ridicule ascendance d’âge ; non, apprendre par coeur les conjonctions de la langue anglaise ne fera pas mieux écrire ni comprendre, bien au contraire ; un furoncle sur la fesse droite, ça fait mal — mais ça, on l’a bien compris, tant je l’ai répété.
Posté le 03.01.2008
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Le flou, autour.
Peu de sommeil, la nuit dernière.
Mais qu’importe : grisé, sous ces lanternes qui n’en sont pas
Je brille d’or et de bulles.
Vidé, ne tenant plus que par un fil
A la grande toile de mon théâtre
J’oscille, oscille…
Et en myriades de couleurs, j’implose.
Le froid, autour.
Il pleut un peu, mais mes cheveux huileux
Ne s’en émeuvent guère.
Sommeil.
Posté le 03.01.2008
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Rosi, perclus, mais souriant
J’arpente, en silence, les rues encores brillantes
Comme une gangue de glace colorée
Fondant, enfin, sous le soleil d’après-solstice
Les fêtes de la fin de l’an sont parties
Dans une grande explosion de joie commune
Sans fin, cette attente.
Excité, les yeux grands ouverts, j’ai espéré
Qu’à minuit, moi, comme les autres
Aurait ma part d’illusion.
En lieu en place,
Deux larmes éteintes dans la nuit.
Posté le 03.01.2008
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Sur le seuil des matins blancs
Viennent se poser, en un souffle
Les écumes éteintes de l’année passée.
Posté le 01.01.2008
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