J’ai ouvert, pour l’être signifiant, les albums de photos. Moi que même les peluches de l’enfance abasourdissent. C’était il y a déjà dix mille vies. La kermesse de l’école. Mon petit frère, avec son éternelle bille de clown. Et moi avec mon déguisement emblasonné.
Et au milieu, mon père, dans une farandole d’enfants.
Il y a quelques jours, j’ai été au premier enterrement de ma vie. Le père de l’ami iranien. Je ne l’avais jamais vu. Avez-vous déjà essayé d’être un empathique coincé au milieu d’une cérémonie funéraire ? J’ai tenu le temps de la messe, en mordant mes lèvres. De toute façon, je n’avais pas de mouchoir, j’aurais eu l’air bête, à renifler dans ma manche.
Lorsque j’ai vu l’ami iranien caresser le cercueil de son père, dans le corbillard qui allait l’emmener, impossible. J’ai versé les larmes pour lui, pour eux, pour moi, pour mon enfance perdue, pour tous ces morts qui me côtoient chaque jour et glissent silencieusement à mes côtés.
Mon père est l’un d’eux. Chaque jour, nous vivons l’un à côté de l’autre, et je ne vois plus cet homme sur la photo, qui rit, s’amuse avec ses enfants et les enfants des autres, lumineux. Le gris l’a envahi.
Pendant la prière, durant la messe, j’ai souhaité rencontrer un jour le père de mon ami iranien, qui m’a dit qu’il me ressemblait beaucoup. Et j’ai soudain pris conscience que mon papa à moi, il était toujours vivant. Seulement parti très loin dans un monde que je ne connais pas.
Papa, s’il te plaît, reviens.

Posté le 31.10.2007
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Pâles vents visibles
Sur les feuilles des érables rougis
Evanouis au rythme des marées
De l’atmosphère.
Posté le 31.10.2007
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Poésie,
Poésie Courte
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La lune nimbée d’orages
Dans les gris magistraux
En une nuit de calme intérieur.
Posté le 29.10.2007
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Poésie,
Poésie Courte
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Au clair d’une lune glabre
Les blés, encore verts
Se balançent au gré du souffle de Morphée
Venu du Sud
Les musaraignes fugaces, vifs éclats d’argent
En presque silence
S’enfuient et tourbillonnent
Au rythme d’une récolte par elles seules orchestrées
Etendues désertes résonantes
Si pleines de vie invisible
Le promeneur ne trouvera ici
Que nuances de gris
Et bruissements.
Posté le 18.10.2007
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(A qui de droit.)
Au fil des éclats de lumière
Sous les plumes des canards ébouriffés
Par le vent ou les frissons
J’apprends à te connaître
Et te découvre éclairé de bonheur
Le sourire des anges.
Posté le 16.10.2007
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(Note de l’auteur : J’ai tenté de neutraliser le parisianisme de ce poème, mais impossible. A croire que mon écriture urbaine est à jamais indissociable de mon lieu de naissance.)
Regards de papier sur la glace
Sous les lumières à peine chaudes
Et des odeurs de pot-au-feu philippin
Les yeux cyclopes enfin perçus sans ambage
Des feux rouges au pouvoir invisible
Se réjouissent de leur débutant règne nocturne
En expositions multiples sur ma rétine aiguisée
Les clins d’oeil automobiles
Laissent des queues de comètes incandescentes
Ô chantres de la ville passée
Laissez-moi donc la joyeuse tâche sans cesse renouvelée
De louer à mon tour le berceau de nos coeurs.
En teintes transparentes
A demi cachées
La ville s’endort, et se réveille.
Posté le 04.10.2007
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Nuit de ville
Lune d’étain
Au réveil, elle a disparu.
Posté le 02.10.2007
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