L’homme

(Note de l’auteur : écrit le 07÷05÷06. Pour quelqu’un déjà si loin dans ma vie.)

On est en mai, et pour­tant le ciel reflète l’hiver des Flandres. Le réveil tar­dif du dimanche me plonge dans une déli­cieuse abîme de dou­ceur per­tur­bante car incon­nue. Après quelques ins­tants déso­rien­tés, je détecte l’objet de ce chan­ge­ment : deux bras me cein­turent le torse, dou­ce­ment. Je bouge un peu, et l’un tombe, sans force. Je sens le contact d’un torse, des jambes entre­la­cées entre les miennes. De nom­breux contacts élec­tri­sants m’indiquent une forte den­sité pileuse. Un homme. Il y a donc un homme dans mon lit. Etrange bes­tiole, tout de même. Il gémit un peu dans son som­meil, sou­pire, ronfle un peu. Je sou­ris, amusé par ces mimiques de petit enfant chez cet être d’âge res­pec­table (quel vilain mot, on dirait qu’il approche le siècle.) J’hésite à le cares­ser, mais tem­père mon égoïsme au pro­fit de ma délec­ta­tion esthé­tique. Je sais que lorsqu’il se réveillera, il m’embrassera, me pren­dra dans es bras, encore plus fort, et me dira bon­jour avec cette si jolie lueur dans les yeux. Pour l’heure, sa cha­leur me com­mu­nique tout ce que j’ai besoin et envie de savoir. Laissons-le dor­mir et soyons artiste — pro­fi­tons de son visage endormi. Je t’aime.

Posté le 23.08.2007
Catégories : Poésie, Prose
Réactions : Un Commentaire.
Commentaires
Commentaire de Shag­goo - 03.09.2007 | 15:54

Content d’avoir retrouvé ta trace.
Je revien­drai, évidemment.