L’homme
(Note de l’auteur : écrit le 07÷05÷06. Pour quelqu’un déjà si loin dans ma vie.)
On est en mai, et pourtant le ciel reflète l’hiver des Flandres. Le réveil tardif du dimanche me plonge dans une délicieuse abîme de douceur perturbante car inconnue. Après quelques instants désorientés, je détecte l’objet de ce changement : deux bras me ceinturent le torse, doucement. Je bouge un peu, et l’un tombe, sans force. Je sens le contact d’un torse, des jambes entrelacées entre les miennes. De nombreux contacts électrisants m’indiquent une forte densité pileuse. Un homme. Il y a donc un homme dans mon lit. Etrange bestiole, tout de même. Il gémit un peu dans son sommeil, soupire, ronfle un peu. Je souris, amusé par ces mimiques de petit enfant chez cet être d’âge respectable (quel vilain mot, on dirait qu’il approche le siècle.) J’hésite à le caresser, mais tempère mon égoïsme au profit de ma délectation esthétique. Je sais que lorsqu’il se réveillera, il m’embrassera, me prendra dans es bras, encore plus fort, et me dira bonjour avec cette si jolie lueur dans les yeux. Pour l’heure, sa chaleur me communique tout ce que j’ai besoin et envie de savoir. Laissons-le dormir et soyons artiste — profitons de son visage endormi. Je t’aime.
Content d’avoir retrouvé ta trace.
Je reviendrai, évidemment.